Agriculture

Bond des installations en agriculture dans le Finistère

Une agriculture inquiète mais dynamique

Malgré les inquiétudes qui ont conduit à la tenue des États Généraux de l’Alimentation en 2017, l’agriculture investit dans l’avenir. Le nombre de jeunes installés bondit de 35 %.

Les éleveurs laitiers se remettent difficilement des années de crise.

En porc, groupements et transformateurs se restructurent.

L’aviculture connaît une nouvelle tourmente, sauf pour l’œuf dont l’origine France est plébiscitée.

Les leaders bretons de la tomate s’unissent pour créer un label régional « sans pesticides » d’ici 2019.

135 installations agricoles aidées dans le Finistère en 2017 (+ 35 % sur un an)

Source: Chambres d’agriculture de Bretagne – service Economie-Emploi

Actifs agricoles en 2017

17110

(-0,5 % /2016)

Les actifs salariés se substituent progressivement aux actifs familiaux.

Lait : grand écart beurre-poudre

Après deux années de crise, les 2 500 éleveurs laitiers du Finistère retrouvent enfin un peu d’air. Le prix du lait 2017 s’établit à 338 €/1 000 litres, soit 15 % de hausse par rapport à un prix 2016 très bas. Stimulée par une conjoncture et une météo plus favorables qu’en 2016, la collecte progresse particulièrement en fin d’année. Du côté des charges, la tendance est à la stabilité. Les marchés ont subi une situation atypique avec des cours du beurre très élevés, mais très faibles pour la poudre de lait : cela va se poursuivre en 2018, pénalisant la remontée des prix du lait. Pourquoi une telle ascension des cours du beurre ?

Les qualités nutritionnelles des matières grasses laitières sont réhabilitées depuis quelques années, en Amérique du Nord et en Europe notamment. Dans le même temps, les importations moyen-orientales et asiatiques se raffermissent, dopées par l’essor de la consommation de pâtisseries et viennoiseries. A l’opposé, les cours de la poudre de lait écrémé chavirent, compte tenu de stocks européens importants. Une situation complexe pour les filières laitières européennes.

En quête de création de valeur(s), les initiatives visant à segmenter le marché et à différencier les produits se multiplient. Côté éleveurs, la production bio poursuit son essor, avec 89 nouvelles fermes bretonnes en 2017.

Le plan France Terre de Lait formalisé par l’interprofession laitière doit accompagner la montée en gamme de la filière dans son ensemble et la définition de normes communes autour du sans-OGM et du lait de pâturage.

A l’échelle régionale, 2017 a été la première année d’activité de l’association des organisations de producteurs (AOP) Grand Ouest, reconnue par les pouvoirs publics. Elle vise à renforcer le pouvoir de négociation des éleveurs, l’autre grand objectif des Etats Généraux de l’Alimentation (EGA).

Eleveurs laitiers du Finistère

Crédit photo : chambres d’agriculture.

Restructuration dans la filière porcine

Crédit photo : chambres d’agriculture.

Porc : regroupements

L’année 2017 a soufflé le chaud puis le froid pour les 1 550 sites de production porcine finistériens. Le prix soutenu au premier semestre s’est dégradé à partir d’août, sous l’effet de la baisse de la demande intérieure et la moindre demande asiatique. Au final, la cotation moyenne s’établit à 1,37 €/kg, en hausse de 6 % par rapport à 2016. Les achats chinois de viande porcine se replient de 25% en un an, en partie compensés par d’autres pays (Philippines, Japon, Hong-Kong). Mais la concurrence, surtout américaine, est plus forte sur les marchés mondiaux. La consommation des ménages français en viande porcine reste morose et en net recul depuis quelques années : 32 kg/habitant/an en 2017 contre près de 35 kg, dix ans plus tôt.

Au-delà de l’enjeu lié à la consommation, les EGA ont affirmé la nécessité de poursuivre les regroupements des Organisations de Producteurs (OP), afin de renforcer l’amont de la filière. La fusion à compter de juin 2018 des groupements Aveltis et Prestor (sièges sociaux basés respectivement à Landivisiau et Kersaint-Plabennec), va dans ce sens. Elle permettra au nouvel ensemble de devenir le deuxième groupement national de producteurs de porcs, juste derrière la Cooperl. Ce dernier a repris en 2017 le pôle charcuterie du groupe Turenne Lafayette, dont la Société Lampaulaise de Salaisons (650 personnes à Lampaul-Guimiliau et Ergué-Gabéric), devenant ainsi le premier acteur national dans le secteur de la charcuterie.

Volaille : vers une solution de reprise de Doux

Les 497 éleveurs finistériens de volailles de chair et les salariés des sites industriels ont une nouvelle fois vécu une année  marquée par les difficultés de Doux. Six ans après son sauvetage partiel, le volailler finistérien s’apprête à être de nouveau cédé. Son actionnaire principal, Terrena, ne cachait pas que sa filiale Doux lui faisait perdre beaucoup d’argent, environ 70 millions d’euros ces deux dernières années. En cause, la perte de compétitivité de Doux sur ses marchés du Moyen-Orient, face au Brésil et à l’Ukraine. Les statistiques douanières illustrent le recul des exportations bretonnes de viande de volailles : – 29 % en 2016, puis à nouveau – 10 % en 2017. La mise en liquidation judiciaire de Doux et sa probable reprise par le géant sarthois LDC marquent le virage de la filière régionale vers la reconquête du marché intérieur, avec un courant export moyen-oriental redimensionné et confié au saoudien Al Munajem. LDC, le numéro 1 national de la volaille, compte sur la Bretagne pour reconquérir le marché français face aux importations, en actionnant plusieurs leviers : améliorer la compétitivité, « Manger français » et différencier les modes de production. L’un des enjeux pour les éleveurs sera de s’adapter aux exigences de LDC pour les débouchés en frais de la future usine de Châteaulin (55 millions d’euros d’investissements annoncés).

71 exploitations finistériennes disposent d’une activité poules pondeuses. 2016 fut marquée par les annonces de basculement rapide de la demande vers les œufs alternatifs1. On pouvait craindre que ce mouvement de fond ne se répercute sur le prix des œufs standards. C’était sans compter sur le scandale du fipronil qui éclate au cours de l’été 2017. Cet insecticide utilisé contre les puces, tiques et poux est retrouvé dans des œufs issus d’élevages de Belgique et des Pays-Bas. Les œufs contaminés ont dû être détruits et de nombreuses poules ont été sorties du circuit. Ces mesures ont généré une baisse de production équivalente à près de 5 % de l’offre européenne. Couplé à un regain d’intérêt pour l’origine France, indemne de fipronil, les prix enregistrent un bond de 28 % par rapport à 2016. Cette période de conjoncture favorable pourrait permettre aux acteurs de la filière de gérer plus sereinement le basculement vers les œufs alternatifs, qui se poursuit.

1 œufs alternatifs : issus d’élevages de poules pondeuses non élevées en cages (plein air, bio, label rouge et au sol)

Volailles de chair et poules pondeuses bretonnes

Crédit photo : chambres d’agriculture.

Recul des exportations bretonnes de volaille en 2017

Source: Chambres d’agriculture de Bretagne d’après douanes régionales – Service Economie-Emploi

Légumes : un futur label breton "sans pesticides"

Crédit photo : chambres d’agriculture.

Légumes : un futur label régional « sans pesticides »

Derrière un bilan globalement correct en légumes frais, se cachent beaucoup de disparités. Plusieurs hivers doux ont conduit à des difficultés en légumes d’hiver, dont le chou-fleur. Dotés aujourd’hui d’une cinquantaine de produits diversifiés-segmentés-certifiés et bios, les producteurs continuent à innover pour se démarquer. La création d’un label breton « sans pesticides », d’abord en tomate, est annoncé d’ici 2019.

Trois grands producteurs bretons de légumes sont à l’initiative de cette démarche : Savéol, Prince de Bretagne (marque collective du Cerafel qui rassemble 7 OP dont la Sica St Pol) et Solarenn. Ce cahier des charges commun en cours d’élaboration devrait être étendu à d’autres légumes.

Exploitations agricoles dans le Finistère en 2017 :

6564

(- 2,8 % / 2016)

Nombre d’exploitations et actifs agricoles dans le Finistère en 2017

20162017Evolution 2017/2016
Nombre%
Nombre d’entreprises      6752      6564-188-2,8%
Actifs totaux en production    17203    17110-93-0,5%
dont actifs familiaux 1      9310      9048-262-2,8%
dont salariés ETP 2      7893      80621692,1%

Source: Chambre d’agriculture du Finistère d’après MSA Armorique
1 Actifs familiaux: chefs d’exploitation, conjoints collaborateurs, aides familiaux
2 Equivalent Temps Plein – données d’octobre 2017

Chiffre d’affaires pour l’agriculture du Finistère en 2016

2.08 milliards d'euros


Valeur des productions agricoles du Finistère :

Total 2016 en 2,08 milliards d’€

 

Source: Chambres d’agriculture de Bretagne d’après Agreste- Draaf Bretagne

Exploitations bio en Finistère en 2017

720

Nombre d’exploitations bio dans le Finistère en 2017

 

 

Source : Observatoire GAB-FRAB – chiffres 2013