Agriculture

Une vache laitière au pâturage

Crédit photo : Chambres d'agriculture.

Une belle dynamique

Les filières ont passé une année 2018 morose. Dans la foulée des Etats Généraux de l’Alimentation (EGA), les filières agricoles œuvrent à la montée en gamme de leurs produits : le bio se développe dans le Finistère. Le secteur, dans son ensemble, s’organise pour une meilleure attractivité des métiers de la production agricole.

Année laitière sans éclat

Sous l’influence des cours de la poudre en faible hausse et des cours du beurre en repli, le prix du lait stagne en 2018. Face à la remontée des coûts de production, charges d’énergie et aliment en tête, les marges des éleveurs sont compressées. 2019 s’engage bien, avec des marchés mondiaux équilibrés et un bilan plutôt positif des négociations tarifaires annuelles entre la distribution et la transformation en France.

Du côté de l’industrie laitière, la Sill construit enfin son usine de poudre de lait infantile, à Landivisiau, après quatre années de blocage. Le groupe coopératif Sodiaal conforte lui-aussi ses capacités de fabrications de poudre infantile en reprenant l’outil industriel Synutra en mars 2019, tandis que le groupe chinois conserve les activités de mélange et de conditionnement.

Fièvre porcine africaine : se prémunir de la menace pour en faire une opportunité

Le Finistère est le premier département producteur de porcs en France, au coude à coude avec les Côtes-d’Armor. La cotation moyenne du porc breton a baissé de 13 % en 2018, comparée à la bonne année de 2017. Le prix de l’aliment, qui représente 52 % des charges des exploitations porcines bretonnes, a fortement augmenté au second semestre 2018.

En proie à une épidémie de fièvre porcine africaine qui restreint sa production, la Chine devrait importer massivement en 2019 et orienter les prix à la hausse. Dans ce contexte, l’absence de foyers infectieux en France est un atout précieux pour se saisir de cette opportunité de marché. Face au risque de contamination des exploitations porcines françaises, l’épidémie étant arrivée en Belgique, un renforcement immédiat des mesures de biosécurité en élevage a été mis en place.

Des prix payés aux producteurs stables ou en retrait

Source : Chambres d’agriculture de Bretagne, Service Economie – Emploi d’après Agreste Draaf Bretagne Conjoncture

La volaille finistérienne construit son avenir

L’année 2018 marque un tournant pour la volaille en Finistère. Après sa mise en liquidation judiciaire au printemps 2018, le groupe Doux a été repris par un consortium de plusieurs entreprises, principalement françaises. L’avenir de la filière se construit dans la reprise de ce groupe qui conserve l’activité de l’export, tout en développant le marché du poulet frais.

Initialement dimensionné à 280 000 poulets/jour, l’abattoir de Châteaulin a atteint dès la mi-juin 340 000 poulets/jour en profitant des conditions de marché favorables à l’export. L’année 2018 a ainsi confirmé la nette reprise des ventes vers l’Arabie Saoudite (+ 21 millions d’euros, soit + 30 % par rapport à 2017).

Parallèlement, la filière s’engage depuis plusieurs années dans la reconquête du marché intérieur. Le panorama de la volaille de chair en Bretagne montre qu’il s’agit dorénavant du premier débouché de la filière régionale. Poursuivant cet objectif, le groupe LDC, leader de la volaille en France, a annoncé la construction d’un nouvel abattoir à Châteaulin pour 2021.

De jeunes poulets bio sur paille

Crédit photo : Chambres d'agriculture

Tomate grappe : crise conjoncturelle à partir de fin mai

Légumes : résister à la concurrence et segmenter

2e département légumier de France, le Finistère compte 10 % des surfaces nationales de légumes. En légumes frais de plein champ, les résultats économiques des exploitations reculent fortement en 2018 du fait d’une concurrence accrue et d’une crise conjoncturelle. Pour mieux se positionner face à la concurrence européenne, les acteurs de la filière chou-fleur adoptent de nouveaux modes de mise en marché : des contrats annuels et hebdomadaires viennent compléter le cadran journalier.

En tomate, les produits de diversification (petits fruits, variétés anciennes) tirent leur épingle du jeu. Pour la tomate grappe ou vendue en vrac, c’est plus compliqué au vu de l’offre importante sur le marché européen, conjuguée à une pression sur les prix exercée par la Belgique et la Hollande. Pour différencier leurs produits, les quatre leaders bretons de la tomate (Savéol, Sica de Saint-Pol de Léon, UCPT et Solarenn) créent un label unique « cultivées sans pesticides » début 2019.

Le bio a le vent en poupe !

Le Finistère est le département breton qui compte le plus d’exploitations engagées en bio : 721 en 2017. 9,3 % des fermes du département le sont (7,9 % en Bretagne) sur 5,7 % de la surface agricole utile (6,6 % en Bretagne). Les exploitations agricoles bio finistériennes sont plus petites que celles des autres départements bretons en raison de la très forte proportion d’exploitations légumières (37%). Un tiers des installations bio bretonnes sont localisées en Finistère.

Les fermes bios du Finistère sont majoritairement légumières et laitières

Source : Observatoire de la production bio en Bretagne – Edition 2018 – Chiffres 2017 – Infographie Chambre Régionale d’Agriculture de Bretagne.

* PPAM : Plantes à Parfum, Aromatiques et Médicinales.

Développer l’attractivité des métiers de la production agricole

Le secteur agricole a de nombreux emplois à pourvoir, que ce soit pour des chefs d’entreprise ou des salariés. Mais le secteur peine à trouver suffisamment de candidats car il souffre de problèmes d’attractivité. La Chambre Régionale d’Agriculture a réalisé une étude sur l’attractivité des métiers de la production agricole afin d’identifier des leviers pour améliorer la communication sur ces métiers.

Sur la base des résultats de cette étude, une stratégie de communication sur l’attractivité des métiers agricoles va être construite en partenariat avec l’ensemble des acteurs concernés. L’objectif est d’améliorer l’image des métiers agricoles pour y attirer davantage de personnes et répondre aux besoins en emplois de la profession. Il s’agit au final de pouvoir valoriser le potentiel de production agricole de la Bretagne et ainsi conserver dans la région une agriculture dynamique, variée et source de richesses.

Une femme gère son tracteur avec son smartphone

Crédit photo : Chambres d'agriculture.

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