Artisanat

artisan

Un essor contrasté

Le secteur artisanal maintient son rythme de croissance. Le bâtiment enregistre une année mitigée. Les entreprises des métiers de bouche se mobilisent pour répondre aux nouvelles tendances. Le  domaine des produits de la mer contribue à la renommée de l’artisanat sur le territoire. Le numérique révolutionne la pratique et l’apprentissage de nombreux métiers.

Fort de ses 16 634 entreprises actives à fin 2017, l’essor de l’artisanat finistérien se poursuit (+ 3,2 %). Le volume de créations (1 716) et de reprises (167) est proche du niveau de l’année passée. Les secteurs des services (+ 170 entités), de la production (+ 170) et du bâtiment (+ 163) ont un développement des effectifs similaire. L’alimentaire (+ 25) est en retrait.

Répartition des entreprises artisanales et des salariés par secteur d’activité

 

Source: Données du Répertoire des Métiers au 31 décembre de chaque année
* Données Direccte au 1er janvier 2017

Disparités sectorielles dans le bâtiment

La visibilité des entreprises du bâtiment s’améliore. Établis à 87 jours de travail en moyenne début janvier 2018, les carnets de commandes se consolident (+ 5 jours)[1].

Le logement connaît une année florissante avec des mises en chantier en hausse de près de 16 % sur le Finistère. La construction de maisons individuelles comme de logements collectifs, en proie à des difficultés l’an passé, sont en recrudescence. Les permis sont orientés à la hausse (+ 26,3 %), les autorisations étant particulièrement dynamiques dans le collectif.

Le non résidentiel marque le pas. Les surfaces construites chutent de 32 % (266 159 m² contre 392 251 m²). Le recul d’activité est notamment important dans le secteur privé (locaux industriels et commerciaux). Le secteur public est également impacté mais dans une moindre mesure (- 14,9 %). Les permis sont en léger repli (- 1,4 %) avec des disparités fortes : les demandes de travaux dans le secteur public sont en hausse, ainsi que pour la construction de bureaux. Les permis délivrés pour des bâtiments industriels stagnent, tandis que ceux à visée commerciale subissent une érosion conséquente.

L’entretien rénovation conserve une belle dynamique mais pourrait subir un contrecoup lié aux révisions des dispositifs incitatifs (crédit d’impôt pour la transition énergétique, baisse des quotités de prêt pour le PTZ[2], recentrage du dispositif Pinel sur les zones géographiques où la tension est la plus forte entre offre et demande).

[1] Note de conjoncture de la Capeb – 4e trimestre 2017

[2] Prêt à taux zéro

Evolution des mises en chantier de logements individuels et collectifs

 

Source: Sit@del 2 – février 2018

L’océan créateur de « saveurs faire »

L’alimentation est toujours tirée par les installations dans le domaine de la vente de plats à emporter  (+23) ou encore les micro-brasseries artisanales (+ 8). Bien que le nombre de poissonniers soit à nouveau en repli, le Finistère dispose d’une filière des produits de la mer particulièrement dynamique. On dénombre 57 poissonneries, 21 entreprises artisanales de transformation de poisson et 36 commerçants sur éventaires et marchés (entreprises immatriculées au Répertoire des Métiers – moins de 10 salariés à l’inscription). Cette filière est particulièrement dense sur les territoires du Pays Bigouden Sud (0,61 entreprises pour 1 000 habitants), de Concarneau Cornouaille Agglomération (0,6) et de la Presqu’île de Crozon – Aulne Maritime (0,57). Elle est le vivier d’entreprises représentatives et innovantes telles que Marinoë, parmi les pionniers depuis 1992 de la cuisine à base d’algues à Plobannalec – Lesconil ; Océane Alimentaire, conserverie artisanale à Penmarc’h ; ou Cinq Degrés Ouest au procédé innovant de décorticage de coquillages et crustacés à Riec sur Belon.

Le département est par ailleurs le plus pourvu à l’échelle nationale en voileries, constructeurs de navires, fabricants de cordes et filets, ainsi que pour les conserveries de poisson[3].

[3] Baromètre de l’Artisanat – Institut Supérieur des Métiers – avril 2017

Répartition des entreprises alimentaires artisanales* traitant des produits de la mer par communauté de communes

 

* Entreprises immatriculées au Répertoire des Métiers (moins de 10 salariés à l’inscription) et relevant des activités suivantes :

  • code APE 4723Z : commerce de détail de poisson
  • code APE 4781Z : commerce de détail de poisson sur éventaires et marchés
  • code APE 1020Z : transformation et conservation de poisson, crustacés, mollusques

Source : CMA29 – mars 2018.

L’atout numérique

Les artisans des métiers de bouche (boulangers, bouchers, charcutiers, conserveries…) peuvent par ailleurs désormais répondre à des appels d’offres d’acheteurs de la restauration collective (établissements scolaires, EHPAD, collectivités locales) par le biais d’une plateforme numérique dédiée. Dans le cadre du programme alimentaire de territoire[4], le Conseil Départemental vient en effet d’adhérer en octobre 2017 à l’association Agrilocal. Un outil permettant de valoriser les artisans locaux, de capter de nouveaux marchés et d’accroître la proportion des produits bio et locaux dans les assiettes.

Le secteur des services connaît une progression importante d’entreprises, en partie sous l’effet du micro-entrepreneuriat et de ses évolutions fiscales. Les activités de nettoyage, photographie ou maintenance navale sont dynamiques. Les entreprises et apprentis finistériens utilisent de nouvelles méthodes dans leur cursus de formation : perception d’une coupe de cheveux en 3D, optimisation des techniques (hauteur des coups de ciseaux parfaits) pour le métier de la coiffure par exemple.

L’artisanat d’art n’est pas en reste avec un travail de modélisation du geste en réalité augmentée ou virtuelle initié sur certains territoires. L’opportunité de création d’un référentiel média technique et de mapping vidéo[5] apparaissent. Une réflexion régionale est en cours pour structurer cette filière. Le bâtiment optimise aussi de son côté ses processus de fabrication (utilisation de machines-outils à commande numérique pour la menuiserie – agencement,  intégration du numérique du dessin à la taille du bois).

Le numérique touche par conséquent tous les pans de l’artisanat. Autant d’atouts pour séduire les 2.262 apprentis du département et susciter des vocations. Ils constituent la force vive de l’artisanat de demain. La consolidation des partenariats internationaux permet en parallèle d’essaimer des savoir-faire locaux performants.

[4] Le programme alimentaire de territoire a été établi en partenariat avec les chambres économiques. Ses défis : connaître les dynamiques alimentaires, un consommateur acteur de ses choix, fédérer une diversité d’acteurs, favoriser une alimentation pour tous issue du territoire et conforter l’alimentation comme vecteur de lien social.

[5] Technique de projection d’une vidéo sur des volumes comme des façades architecturales, des décors ou des objets d’art. C’est l’idée de la transformation d’un objet réel par le virtuel.

16634

entreprises artisanales actives (+3,2 %)

Source : CMA29 – 31 décembre 2017.

+ 15.7 %

de mises en chantiers de logements

Source : Dréal – Sit@del 2 – février 2018.

114

entreprises alimentaires artisanales traitant des produits de la mer

Source : CMA29 – mars 2018