Artisanat

Apprenties coiffeuses effectuant une démonstration de leur savoir-faire devant le grand public avant un défilé lors du Festival de l’artisanat 2019

Crédit photo : CMA.

Courants porteurs

L’artisanat connaît une progression continue de ses effectifs. Les profils d’entreprises varient suivant les secteurs d’activités. Le bâtiment finistérien se distingue du contexte régional morose. L’alimentaire enregistre une évolution contenue, mais peut s’appuyer sur le dynamisme des fabricants de plats à emporter (objet d’un focus). Evènements et partenariats internationaux mettent en lumière des perspectives pour les jeunes générations et une volonté d’essaimage des savoir-faire.

L’artisanat breton comptabilise 63 600 entreprises. Le secteur est porté par 6 241 créations pures et 576 reprises au cours du dernier exercice. La plus forte progression des créations est relevée dans l’équipement de la personne, suivi des services aux entreprises et des loisirs et services divers (photographie, lutherie, maréchalerie…).

Particularités sectorielles

L’artisanat finistérien poursuit son développement et termine l’année avec 17 142 entreprises actives (+ 3 %). Les profils sont disparates :

  • 31,6 % de micro-entreprises ;
  • 27,1 % d’entreprises individuelles au régime réel ;
  • 41,2 % de sociétés.

Le bâtiment et les services ont des répartitions proches de la moyenne. Le poids de la micro-entreprise est majoritaire dans le secteur de la production (46,6 %) où sont représentés les métiers d’arts. Il concentre beaucoup de petites structures, où le chef d’entreprise exerce seul et détient un savoir-faire remarquable. Le secteur alimentaire, avec des investissements et besoins de main d’œuvre potentiellement importants, recense une majorité de sociétés (58,5 % contre 15,6 % de micro-entreprises). 1 772 créations et 166 reprises se sont concrétisées au cours de l’année 2018.

Source : Répertoire des Métiers – données au 31 décembre 2018.

Redressement du bâtiment

Si le marché du bâtiment enregistre à l’échelle régionale un recul des mises en chantiers (- 3,5 %), le Finistère se distingue par la confirmation de son rétablissement (4 767 logements construits ; + 16,7 %). La dynamique y est soutenue dans le logement collectif (+ 27, 8 %, dans le sillage des projets sur la ZAC des Capucins à Brest notamment). Le climat des affaires s’est détérioré en revanche sur les 3 départements limitrophes, avec une rechute du niveau de production (- 12,2 % pour l’Ille-et-Vilaine, – 6,5 % pour les Côtes d’Armor et – 2,8 % pour le Morbihan). Le volume de permis délivrés en Finistère suit la tendance baissière régionale (5 589 logements autorisés ; – 6,1 %), malgré une embellie confortée dans le secteur collectif.

*Hors construction de résidences.
Source : Base de données Sit@del 2 – février 2019.

Les surfaces autorisées pour les bâtiments non résidentiels sont bien orientées (421 087 m² ; + 10,8 %), grâce principalement à une demande boostée en locaux industriels et artisanaux, ou de culture – loisirs. L’érosion des permis octroyés pour des locaux commerciaux (- 38,5 %) se poursuit. Sur le volet productif, la reprise est contenue (272 155 m² ; + 2,3 %) et demeure en deçà du niveau de 2016. Les disparités sectorielles sont latentes avec une construction de locaux dopée dans le secteur de la culture – loisirs, mais au point mort dans les domaines commerciaux ou de l’enseignement.

201620172018Évolution 2018 / 2017
Industrie et artisanat (stockage compris)158 397158 056179 859+ 13,8 %
Commerce115 21468 58042 195–  38,5 %
Bureaux38 65658 46454 382– 7%
Enseignement 11 60219 40317 598– 9,3 %
Culture – Loisirs19 44427 98145 024+ 60,9 %
Autres42 38447 67882 029+ 72%
Total385 697380 162421 087+ 10,8 %

Source : Base de données Sit@del 2 – février 2019.

Un jeune peintre effectuant une démonstration de pratique de son métier devant un public de scolaires afin de promouvoir l’apprentissage et le secteur du bâtiment lors du Festival de l’artisanat 2019

Crédit photo : CMA.

Signe d’une conjoncture favorable, les effectifs salariés progressent dans le bâtiment (+ 2,4 %) et les travaux publics (+ 1,3 %). Les recrutements de techniciens et personnel d’encadrement de chantier sont en hausse (+ 5,1 %), témoignant d’un besoin de structuration de certaines très petites entreprises souhaitant franchir un cap. L’embauche de menuisiers et charpentiers a particulièrement augmenté. Malgré ces tendances, les projets de recrutements demeurent difficiles à concrétiser et l’enjeu de la formation initiale reste plus que jamais stratégique.

Source : CI BTP-UCF / CCCA-BTP – Données au 15 mars 2018.

Les plats à emporter, sources d’inspiration

Si les installations font la part belle aux métiers du bâtiment sur les autres départements bretons (maçonnerie générale et peinture vitrerie en particulier), la fabrication de plats à emporter est le secteur le plus dynamique ces dernières années en matière de création d’entreprises artisanales sur le Finistère1.

On dénombre actuellement 613 entreprises spécialisées dans la restauration rapide à emporter sur le département, dont plus du tiers d’ambulants. Si les activités traditionnelles (pizzas, crêpes, burgers…) attirent toujours des candidats à l’installation, la curiosité et la recherche de nouvelles saveurs des consommateurs font naître des concepts basés sur des spécialités internationales, des produits soucieux de la qualité (valorisation du fait maison), de l’approvisionnement local, de l’éthique et du respect de l’environnement (emballages innovants, recherche de labellisation). Le fort raccourcissement du temps consacré à la pause déjeuner (52 minutes en moyenne2) et le mode de vie plus nomade des clients, sont à l’origine de l’essor des foods trucks, disposés à proximité immédiate des zones d’activités ou secteurs touristiques et répondant à une logique de flexibilité et de liberté. Ces activités mobiles voient également le jour dans d’autres métiers (pâtisserie, beauty trucks, retouche sur peinture automobile à domicile…). Ces expériences constituent souvent un tremplin vers l’ouverture d’un commerce fixe à plus long terme.

1 Baromètre de l’artisanat – Institut Supérieur des Métiers – Juin 2018.

2 Enquête réalisée par Moneo Resto & CHD Expert auprès de 758 salariés bénéficiant de titres restaurants et représentatifs de la population active française. Novembre 2015.

 

Sculptures alimentaires sur base de chocolats et confiseries réalisées par les apprentis et professeurs du Centre de Formation des Apprentis de la CMA à l’occasion du Festival de l’Artisanat 2019

Crédit photo : CMA.

Répartition des entreprises artisanales de restauration rapide* par collectivité

Répartition des entreprises artisanales de restauration rapide par collectivité en Finistère

*Entreprises artisanales actives ayant un code APE 5610C.
Source : Répertoire des Métiers – Janvier 2019.

Dynamisme et essaimage

L’artisanat se réinvente perpétuellement en suivant les tendances de consommation et l’évolution des modes de vie. Ses métiers et son organisation muent dans un contexte réglementaire en plein changement. L’édition 2019 du Festival de l’Artisanat a une nouvelle fois mis en lumière la créativité et le dynamisme des entrepreneurs du territoire auprès des 15 000 visiteurs et près de 600 jeunes scolaires. Les témoignages d’entrepreneurs passionnés sur leurs parcours atypiques et couronnés de succès, devraient susciter des vocations dans des secteurs en croissance et pourvoyeurs d’emplois.
Le renforcement des relations sur le continent africain confirme également la volonté de partager des savoir-faire et de créer des synergies :

  • La mise en œuvre de plusieurs missions au Gabon sur les thèmes :
    • du diagnostic de filières.
    • d’aides et d’appuis aux artisans créateurs d’entreprises.
    • du compagnonnage artisanal (fabrication de pirogues en résine et maçonnerie traditionnelle).
  • Le positionnement de la CMA sur le projet Archipelago axé sur le développement de formations professionnelles et de l’entrepreneuriat sur les pays du Sahel et de la région du lac Tchad.
  • La coopération avec l’union nationale des chambres de métiers du Sénégal sur 3 régions cibles.

Autant de projets témoignant du désir de nouer des partenariats durables, à l’image de celui qui lie la CMA29 à des universités taïwanaises dans le domaine de la restauration depuis plusieurs années.

17142

entreprises artisanales actives (+ 3 %).

4767

logements mis en chantier (+ 16,7 %).

613

entreprises artisanales de restauration rapide (dont un tiers d’ambulants).

Sources : Répertoire des Métiers – données au 31 décembre 2018 ; Dréal Sit@del 2 – février 2019 ; Répertoire des Métiers – janvier 2019.