Commerce

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Une consommation moins dynamique

Hausse des prix et ralentissement de la consommation placent l’année commerciale 2018 sous le signe de la morosité. Dans ce contexte, l’offre commerciale départementale est stable et les derniers résultats issus de l’observatoire du commerce et de la consommation notent une progression des dépenses locales sur les 5 dernières années. Si le développement de la grande distribution se poursuit, la nouvelle loi Elan va rebattre les cartes.

En 2018, la consommation des ménages français a clairement donné des signes de faiblesses avec une progression limitée à + 0,8 % contre + 1,1 % l’an passé. Une évolution qui s’explique notamment par l’impact des mauvais chiffres du 4e trimestre (- 0,7 %) peu propice aux affaires en raison d’un climat social tendu. Dans le même temps, et pour la 3e année consécutive, les prix à la consommation ont poursuivi leur accélération avec une inflation qui atteint 1,8 %, après 1 % en 2017 et 0,2 % en 2016. Les consommateurs ont été confrontés, cette année, à une croissance des prix de l’énergie (+ 9,7 %), des produits alimentaires (+ 1,9 %) et des services (+1,8 %).

Offre commerciale stable

Dans ce contexte, l’offre commerciale finistérienne a bien résisté avec 6 752 commerces en activité fin 2018. Le département a gagné 17 points de vente sur l’année (+ 0,2 %). Cette stabilité globale ne doit pas masquer la prolongation des tendances baissières pour les secteurs de :

  • l’équipement de la maison qui perd 23 commerces en 2018 (- 91 sur les 5 dernières années),
  • l’équipement de la personne qui enregistre un recul de 12 points de vente portant à 104 le nombre de fermetures en 5 ans.

Après les reculs observés l’an passé, les activités alimentaires retrouvent une dynamique positive (+ 12 commerces). Il en est de même pour le secteur de l’hygiène/santé qui compte 16 enseignes supplémentaires.

6 752 commerces en Finistère : répartition par activité1

Source : Fichiers des entreprises – CCIMBO – Champ Observatoire Régional du Commerce (ORC) – Données au 31 décembre 2018

Une offre stable : – 70 commerces en 6 ans … mais des disparités selon les activités 1

Source : Fichiers des entreprises CCIMBO – Champ Observatoire Régional du Commerce (ORC). Base 100 au 01/01/2012

1« généralistes » : petites et grandes surfaces à prédominance alimentaire : hypermarché, supermarché, hard discount, supérette, grand magasin et magasin populaire, alimentation générale ; « alimentaire » : boucherie, charcuterie, boulangerie, pâtisserie, poissonnerie, crèmerie, caviste, surgelés, fruits et légumes, épicerie fine ; « équipement de la maison » : meubles, cuisines-salles de bains, décoration, bricolage, fourniture de matériaux, jardinage, électroménager, TV-hifi ; « équipement de la personne » : vêtements, chaussures, textiles, maroquinerie, bagagerie,bijouterie ; « hygiène et santé » : pharmacie, parapharmacie, optique, orthophonie, orthopédie, coiffure, esthétique, parfumerie ; « culture-loisirs » : livres, journaux, multimédia, articles de sport et de loisirs ; « services » : tabac, pressing, cordonnerie clés, location vidéo et biens domestiques, développement photo, imprimerie, équipements auto, dépôt-vente, brocante, solderies.

Zoom sur la consommation des Finistériens

Dans un contexte commercial en mutation structurelle avec :

  • des consommateurs exigeants sur les prix et le rapport qualité/prix & surinformés notamment via Internet
  • des modes de vie accélérés avec des couples actifs qui disposent de moins de temps pour se consacrer aux achats
  • des modes de vie fragmentés par la monoparentalité ou le développement des familles recomposées
  • la prégnance de l’univers Internet sur tous les aspects de la société (guides d’achat, offres en ligne, livraisons expresses, politique commerciale offensive …)
  • une crise du commerce physique & du trafic en magasin
  • une critique de l’hyperconsommation avec pour certains consommateurs une volonté de revenir à l’essentiel, de consommer moins mais mieux

et un budget global des ménages des ménages qui ne progresse plus depuis 2006, l’activité commerciale connait une forte évolution ces dernières années.

Des caddies

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Fin 2017, la CCIMBO a engagé la mise à jour de son observatoire économique du commerce et de la consommation. Sur la base d’une vaste enquête, près de 4 000 ménages répartis au sein de 119 bassins de vie ont été interrogés par téléphone pour confier leurs habitudes d’achat.

Quels sont les grands enseignements à tirer de cette enquête qui brosse le portrait des consommateurs finistériens ? La réponse en 5 indicateurs :

5,1 Mds d’€ de chiffre d’affaires pour les commerces finistériens

En 2017, plus de 5 Mds d’€ ont été dépensés dans les commerces finistériens. Ce niveau de dépenses a progressé de 5 % depuis 2013. Sur cette même période, la répartition des dépenses entre centralités et périphéries est restée globalement stable avec un rapport de 20 % pour les centres-villes, 70 % pour les périphéries et 10 % pour les achats épars.
Les 3 premiers pôles commerciaux du département, Brest, Quimper et Morlaix captent près de la moitié des dépenses avec respectivement 1,3 Mds d’€ (25 %), 712 M€ (14 %) et 283 M€ (5,5 %). Suivent 8 pôles affichant un volume d’activité supérieur à 100 M€ : Concarneau, Landerneau, Quimperlé, Carhaix, Pont-l’Abbé, Lesneven, Landivisiau et Douarnenez.

Activité commerciale des principaux pôles commerciaux du département en M€

Source : CCIMBO / OECC – Mai 2018.

Source : CCIMBO / OECC – Mai 2018.

5,3 Mds d’€ dépensés par les ménages finistériens

Plus de la moitié des dépenses de consommation courante des ménages sont consacrées aux produits alimentaires/d’entretien ou de toilette. Suivent les biens d’équipement de la personne (18 %), les biens culturels (13 %), l’équipement de la maison (9 %) et enfin le bricolage-jardinage (8 %).

Sur les 4 dernières années, la consommation des ménages finistériens a progressé de 5 %. La croissance démographique explique notamment la hausse des dépenses alimentaires qui progressent de 10 %. Les dépenses de produits liés au bricolage et au jardinage ont également progressé (+ 5 %) à l’inverse des biens culturels pour lesquelles les dépenses sont en recul de 3 %. Une tendance qui peut trouver une explication dans le développement de biens dématérialisés vendus en ligne, moins coûteux que les produits traditionnels (iBook, musique en ligne, streaming …).

82 % des achats alimentaires en grandes surfaces

Logiquement, les grandes surfaces restent privilégiées pour les achats alimentaires (à 82 %). Cette moyenne est conforme aux tendances observées nationalement. Dans le département, les dépenses alimentaires sont à 50 % réalisées en hypermarché (43 % au niveau national). Sur ces mêmes dépenses, l’enquête démontre le poids en timide croissance des drives (+ 2,2 %) et le léger recul de l’achat dans les commerces traditionnels de moins de 300 m² (- 0,5 %).

Répartition des dépenses des Finistériens par circuits de distribution pour les produits alimentaires/d’entretien ou de toilette

Source : CCIMBO / OECC – Mai 2018.

25 % des produits non alimentaires achetés dans les commerces traditionnels

La grande distribution reste également leader sur le marché des produits non alimentaires avec 64 % des dépenses. Si les commerces traditionnels captent toujours un quart des parts de marché, leur poids tend à se réduire. Il affiche une baisse de 4 % depuis 2013 au profit des grandes surfaces spécialisées (magasins de bricolage, de jardinage, matériels et équipement de sports … ) et de la vente en ligne.

Répartition des dépenses des Finistériens par circuits de distribution pour les produits non alimentaires

Source : CCIMBO / OECC – Mai 2018.

216 M€ dépensés en ligne

En 2017, les sites de vente en ligne ont capté 216 M€ d’euros de dépenses de consommation courante des Finistériens. Sans surprise, le poids de ce vecteur de vente est en progression sur l’ensemble des produits étudiés. Pour les produits technologiques (Hifi, informatique …), la part de la vente en ligne atteint désormais 20 % des achats. Elle est de 17 % pour l’électroménager

Source : CCIMBO / OECC – Mai 2018.

Loi ELAN … refonte de l’autorisation d’implantation

Plus de 16 000 m² commerciaux ont été autorisés en 2018 dans le Finistère par la Commission d’aménagement et de développement commercial (CDAC) . Ces projets sont parmi les derniers à avoir été instruits avant la mise en œuvre de la réforme de l’urbanisme commercial fondée sur la loi portant évolution du logement, de l’aménagement et du numérique (dite loi ELAN) du 23 novembre 2018. Cette loi apporte d’importantes modifications à la législation de l’aménagement commercial.

Parmi les principales nouveautés instituées par cette loi, il convient de signaler entre autres :

• le renforcement des critères d’appréciation des projets en prenant en compte, notamment leur contribution à la préservation ou à la revitalisation du tissu commercial du centre-ville. Dans le cadre d’une étude d’impact, les porteurs de projet devront évaluer de leur projet sur l’animation et le développement économique du centre-ville de la commune d’implantation, des communes limitrophes, ainsi que sur l’emploi. Il sera également demandé de démontrer, qu’aucune friche existante en centre-ville ou en périphérie ne permet l’accueil du projet.

• la révision de la composition de la CDAC avec la réintégration des organisations consulaires et la réintégration de critères économiques. La CCI, la Chambre de métiers et la Chambre d’agriculture devront désigner des personnalités représentant le tissu économique. Ils présenteront l’impact du projet sur le territoire mais ne prendront pas part au vote. D’autres acteurs pourront être auditionnés comme les manager du commerce ou les unions commerciales.

Autant d’outils (re)mis à la disposition des élus locaux afin d’organiser l’activité commerciale territoriale.

6752

commerces en Finistère

Source : Fichiers des entreprises – CCIMBO – Champ Observatoire Régional du Commerce (ORC) – Données au 31 décembre 2018.

+ de 100 millions d'euros

de volume d'activité sur les 11 pôles commerciaux

216 millions d'euros

dépensés en ligne par les Finistériens

Source : CCIMBO / OECC – Mai 2018.