Emploi et entreprises

Personnes se rencontrant autour d'ateliers pour l'emploi.

Crédit photo : CCIMBO Quimper.

Dynamisme malgré des soubresauts

Après une reprise observée en 2017, l’activité économique continue de progresser. Le nombre de créations d’entreprises a encore augmenté et atteint son plus haut niveau depuis 2010. Les défaillances d’entreprises sont plutôt stables. Le parc d’établissements finistériens se stabilise. Le recul du taux de chômage se confirme et les besoins de recrutement montent en puissance. La relance est néanmoins émaillée de tensions sociales.

En 2018, le nombre d’entreprises créées en Bretagne continue de progresser (+ 17,9 %) pour la 3e année consécutive1. Cette dynamique se poursuit également en Finistère avec une hausse des créations de 15,5 %. En 2018, plus de 5 500 établissements ont ainsi été créés dans le département. Ce niveau n’a pas été atteint depuis 2010. Le reste de la Bretagne bénéficie également d’une évolution positive. L’Ille-et-Vilaine enregistre la plus forte croissance (+ 20,1 %). Dans le Morbihan et les Côtes-d’Armor, la progression du nombre de créations d’entreprises s’établit à un peu plus de 17 %.

1 Source : Insee.

Évolution du nombre d’établissements par secteur d’activités entre 2017 et 2018

Secteur d’activités20172018Évolution en %
2018/2017
Évolution en nombre 2018/2017
Agriculture6 8906 494-6%-396
Pêche630622-1%-8
Energie629676+7%+47
IAA409416+2%+7
Autres industries2 6692 696+1%+27
Construction6 5096 585+1%+76
Commerce9 8719 793-1%-78
Services18 63618 896+1%+260
Total46 24346 178-0,1%-65

Source : Cocef – Données au 31 décembre 2018.

Évolution du nombre d’établissements par secteur d’activités entre 2017 et 2018

Source : Cocef – Données au 31 décembre 2018.

Nombre de défaillances stable

Après 5 années de recul, le nombre de défaillances d’entreprises2 en Finistère est en légère hausse, passant de 5383 en 2017 à 546 en 2018 (+ 1,5 %). Dans les autres départements bretons, le nombre de défaillances a reculé. Les Côtes-d’Armor ont enregistré la plus forte baisse (- 13,4 %, contre – 6,3 % en moyenne régionale).

Après 3 années de hausse continue, le parc d’établissements finistériens se stabilise (- 0,1 %). À fin 2018, 46 178 établissements ont été recensés dans le département. La plupart des secteurs d’activités ont enregistré une évolution stable ou en légère hausse. Le secteur des services reste le plus dynamique, avec 260 établissements supplémentaires. Les activités de construction continuent de progresser (+ 76). Le nombre de commerces4 a légèrement reculé (- 78), après 3 années consécutives de croissance. Après la progression observée en 2017, le nombre d’établissements agricoles a enregistré un net recul (- 396).

2 Procédures de redressement ou de liquidation judiciaire.
3 Source : Altares.
4 Commerce de gros et / ou de détail.

Baisse confirmée du chômage

Le repli du taux de chômage s’est accentué tant à l’échelle nationale que sur le plan local. Cette baisse a été exceptionnelle au 4e trimestre 2017, avant de se stabiliser courant 2018. Il se situe à 8,8 % en France au 3e trimestre, se rapprochant de la moyenne enregistrée sur la zone euro. La tendance est similaire en Bretagne, où le taux s’établit à 7,6 %, rejoignant les Pays de la Loire au premier rang des régions ayant le plus faible taux de chômage. En Finistère, il s’affiche à 7,9 %, avec néanmoins des contrastes suivant les bassins d’emplois. S’il s’est stabilisé sur les bassins de Quimper et de Brest, il demeure cependant plus élevé sur les secteurs de Carhaix-Plouguer (9,1 %) et Morlaix (8,8 %). L’attractivité métropolitaine, les inégalités en matière de mobilité ou d’accès au haut débit peuvent expliquer en partie ce déséquilibre.

Évolution des taux de chômage

2015201620172018
Finistère9,3%8,9%8,4%7,9%
Bretagne8,9%8,5%8,1%7,6%
France10,1%9,7%9,3%8,8%

Source : Insee – Taux de chômage au 3e trimestre.

Évolution trimestrielle des taux de chômage (en %)

Source : Insee – Février 2019.

L’érosion du nombre de demandeurs d’emplois s’est poursuivie au cours de l’année 2018. Avec 73 830 inscrits5, il est en baisse de 0,2 % au 3e trimestre comparativement à l’année précédente. Près de la moitié des personnes en recherche d’emploi ont un profil d’employé qualifié (48 %). Le climat économique a été plus favorable aux hommes (- 1,6 %), en particulier sur les catégories d’âges suivantes : moins de 25 ans (- 2,6 %) et entre 25 et 49 ans (- 2,4 %). Les femmes (+ 1,1 %) et la catégorie des seniors (50 ans ou plus ; + 2,2 %) enregistrent une nouvelle recrudescence de leurs effectifs. La demande d’emploi courte durée chute (inscrits depuis moins d’un an), signe d’un frémissement sur le marché de l’emploi (- 1,9 %). La population inscrite depuis un an ou plus est en revanche plus nombreuse (+ 1,9 %).

Cette tendance favorable s’est confirmée sur le dernier trimestre (- 0,7 % des effectifs).

5 Demandeurs d’emploi en catégorie A, B et C.

Évolution du nombre de demandeurs d’emplois selon la classe d’âge

20142015201620172018
Moins de 25 ans11 18011 25010 37010 64010 630
25 à 49 ans42 04044 66044 36045 00044 480
50 ans ou plus 15 50017 06017 79018 31018 720
Total68 72072 97072 52073 95073 830

Source : Pôle emploi – Dares, STMT, traitements DARES. Données au 3e trimestre de chaque année.

Besoins de main d’œuvre multi sectoriels

Dans le Finistère, l’emploi augmente de 0,8 % au 3e trimestre 2018 (+ 2 600 postes sur un an). Le tertiaire marchand (+ 0,6 %) en rassemble près de 1 000, suivi par le tertiaire non marchand (+ 0,5 %, + 600 postes). La construction (+ 3,6 %, + 500 postes) surfe sur une vague de mises en chantier de logements neufs sur le Finistère (+ 16,7 % sur l’année 2018)6, contrairement aux autres départements bretons. Pour l’artisanat du bâtiment, l’évolution des effectifs suit la conjoncture avec une part importante d’entreprises ayant vu croître leurs effectifs (16 %) et un nombre contenu de structures déplorant une réduction de personnel (10 %)7. L’industrie est moins bien lotie et accuse une baisse de 0,4 %, soit environ 150 postes en moins.

6 Données Sit@del 2 – Février 2019.
7 Note de conjoncture de l’artisanat région Bretagne – 1er semestre 2018 – Chambre Régionale de Métiers et de l’Artisanat de Bretagne.

Évolution du nombre d’emplois salariés par secteur d’activité (en milliers d’emplois)

2e trim. 20173e trim. 20174e trim. 20171er trim. 20182e trim. 20183e trim. 2018
Agriculture9,49,29,59,89,910
Industrie44,644,844,84544,744,6
Construction16,816,716,917,117,117,3
Tertiaire marchand131,7132,2132,4133,1133,1133
Tertiaire non marchand122,4122,3122,8122,8123,2122,9
Total 324,9325,2326,4327,8328327,8

Source : Insee, estimations d’emploi en fin de trimestre (données CVS) – Mars 2019.

Évolution de l’emploi salarié privé finistérien par secteur d’activité

Source : Insee, estimations d’emploi – Mars 2019.

Au 4e trimestre 2018, le volume d’offres de recrutements monte en puissance (1 114 projets recensés), en particulier dans les secteurs agroalimentaires et de la mécanique8. Le secteur des services demeure lui aussi dynamique. Dans l’agroalimentaire, des sociétés en plein essor telles que Chancerelle (recherche de 100 salariés) et la Société Bretonne de Volaille (500) ont besoin de conforter leurs effectifs pour consolider leur développement. On retrouve également des besoins forts dans des secteurs emblématiques tels que le nautisme (la modernisation de l’outil de production de la société Ikone nécessitant l’appui de 12 collaborateurs supplémentaires) ou les services numériques (pour accompagner l’installation dans un nouvel ensemble de Viseo à Morlaix avec un objectif à terme de recruter 50 personnes) par exemple. Les profils de cadres sont également plébiscités (8 000 embauches envisagées sur la région en 2019), à l’instar des profils ciblés par la société de services Entech SE à Quimper.
La formation et l’accès à des profils qualifiés seront déterminants pour permettre aux entreprises finistériennes de franchir un cap et accompagner leur essor.

L’enquête sur les besoins de main d’œuvre menée par Pôle Emploi fait état de demandes importantes dans l’agriculture, le maraîchage, l’hôtellerie-restauration ou encore la santé. Près d’un recrutement sur deux (46,9 %) est jugé difficile à concrétiser, du fait notamment du caractère saisonnier de la demande.

Si les indicateurs sont au vert fin 2018, les mouvements sociaux de fin d’année 2018 témoignent des difficultés persistantes dans ce climat de relance économique9. Dans l’artisanat, la web enquête menée en décembre a qualifié la nature des impacts relevés chez près de la moitié des entrepreneurs. Ils varient suivant la nature de l’activité :
– baisse de fréquentation dans l’alimentaire principalement, la production et les services ;
– difficultés de déplacement ou liées aux restrictions de carburant dans le bâtiment.
L’enquête de conjoncture de la CCI Bretagne confirme l’impact du mouvement sur la fréquentation des commerces en fin d’année.

8 Tendances emploi Bretagne – CCI Bretagne – 4e trimestre 2018 (projets à court ou moyen terme de 10 emplois ou plus).

9 Enquête thématique décembre 2018 – Gilets jaunes et artisanat – Quelles incidences en Bretagne ? Chambre Régionale de Métiers et de l’Artisanat de Bretagne.

46178

Etablissements actifs en Finistère

7.9 %

Taux de chômage au troisième trimestre 2018

Source : Cocef – Données au 31 décembre 2018.   Source : Insee – Février 2019.