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Industrie : Reprise ?

L’activité industrielle a vécu une belle année 2017. Activité, emploi, investissement ont retrouvé des couleurs. Les exportations ont poursuivi leur progression. En dépit de nombreux projets, l’actualité du début 2018 suscite des inquiétudes.

2017 marque un retour au vert pour les indicateurs de santé de l’industrie bretonne[1]. Côté chiffres d’affaires, et après des exercices en recul (2013, 2014), de timides progressions en 2015 (+ 1,9 %) et 2016 (+ 0,5 %), le volume d’activité régional a bondi de 5,5 %. L’ensemble des secteurs d’activités y contribue : + 6 % pour les industries alimentaires, + 2,9 % pour les autres produits industriels et + 1,5 % pour les équipements électriques. La production de matériels de transports, peu présente en Finistère, enregistre la plus forte progression (+ 16,5 %). Signe de confiance retrouvée, les industriels ont davantage investi en 2017 (+ 16,7 %) que l’année précédente (+ 9,5 %). Cette progression a été tirée par les très petites entreprises et les grandes entreprises (plus de 500 salariés). Les PME (50 à 499 salariés) ont pour leur part réduit leur effort d’investissement.

[1] Banque de France – Les entreprises en Bretagne – Bilan 2017 / Perspectives 2018

Emploi à l’étal

L’industrie bretonne compte près de 2 100 unités de production et emploie plus de 158 500 salariés [2]. Le Finistère est le 2e département employeur avec 41 600 emplois, soit 26 % du total régional. Il précède le Morbihan (38 000 salariés) et les Côtes-d’Armor (23 700). L’Ille-et-Vilaine, 55 000 salariés, concentre plus du tiers des emplois industriels régionaux. Sur l’année, le secteur a créé près de 1 000 emplois dont plus de 200 en Finistère (+ 0,5 %). Le Morbihan et les Côtes-d’Armor ont été plus dynamiques avec des hausses comprises entre 1 et 2 % et respectivement 400 et 450 nouveaux postes. Seule l’Ille-et-Vilaine reste en retrait avec la perte de près de 100 emplois (- 0,2 %).

[2] Accoss – Urssaf – Données au 4e trimestre 2017. Données cvs

2 100 établissements industriels en Finistère

En Finistère, 2 135 établissements ont une activité industrielle. L’agroalimentaire reste le secteur phare avec plus de 600 établissements, soit près de 30 % de l’ensemble. Les activités de la mécanique (524 unités ; 24 %) et du travail des métaux (166 ; 8 %) complètent le podium des activités des plus représentées.

 

Source : CCIMBO – Avril 2018.
* y compris commerce de gros agroalimentaire
**Imprimerie Reproduction – Electricité électronique – Caoutchouc Matières plastiques – Chimie Pharmacie Parachimie – Industries extractives – Industrie du papier carton

 

Evolution de l’emploi salarié industriel dans les 4 départements bretons sur les 5 dernières années (base 100 au 1er trimestre 2013)

Sur les 5 années écoulées, l’emploi industriel breton a reculé de 1 % (- 1 700 salariés). Le Morbihan (38 000 salariés) est le seul département a afficher une tendance à la hausse (+ 1 %, + 300 postes). Les Côtes-d’Armor ont quasiment retrouvé leur niveau de 2013 grâce à le reprise sur 2016 et 2017. L’Ille-et-Vilaine et le Finistère affichent un recul d’environ 2 % avec respectivement des pertes de 1 100 et 850 emplois.

 

 

Source : Accoss – Urssaf – Données au 4e trimestre 2017 (cvs) – Base 100 au 1er trimestre 2013.

 

Excédent commercial

La balance commerciale industrielle finistérienne présente un nouvel  excédent commercial : + 487 M€ (+ 499 en 2016). A l’instar des importations (+ 7 %), les exportations au départ du Finistère enregistrent une nette progression (+ 5 %). Les produits des industries agroalimentaires restent les premiers commercialisés avec plus de 40 % de la valeur exportée. Les ventes ont progressé de 13 % malgré le recul des ventes de viandes et de produits à base de viandes (- 7 %). Ce secteur a été soutenu notamment par la demande de produits laitiers et glaces (+ 23 %) et de produits alimentaires divers (y compris la poudre de lait à destination de la Chine), dont les exportations ont été multipliées par 2,5.

Les ventes d’équipements mécaniques/matériels électriques-électroniques et informatiques, 2e poste des exportations départementales (23 %), enregistrent un net recul de la demande extérieure (- 8 %). Les ventes de matériels électriques se maintiennent (+ 1 %), celles de produits de la chaudronnerie progressent à l’inverse de celles d’appareils de mesure, d’essai et de navigation qui enregistrent un recul important (- 32 %).

Dix destinations concentrent 70 % des ventes au départ du Finistère. Les pays de l’Union Européenne restent les premiers clients du département. Sur le podium, l’Espagne prend la 1ère place avec près de 11 % des ventes devant l’Italie et l’Allemagne (8 % chacun). La Chine devient en 2017, la 1ère destination hors UE devant les Etats-Unis.

 

70 % des exportations au départ du Finistère sont destinées à 10 pays

PaysMontant des exportations en milliers d’€Part du pays dans les exportations industrielles1ers produits exportés
Espagne310 54311 %Préparations et conserves à base de poisson et de produits de la pêche
Italie243 2738 %Viande et produits à base de viande
Allemagne239 6058 %Produits de la culture et de l’élevage
Royaume uni237 9128 %Huiles et graisses végétales et animales, tourteaux
Chine225 3458 %Produits alimentaires divers
Etats Unis195 3637 %Appareils de mesure, d’essai et de navigation
Belgique179 4286 %Machines et équipements d’usage général
Pays Bas170 4416 %Huiles et graisses végétales et animales, tourteaux
Pologne154 2645 %Équipements pour automobiles
Arabie saoudite93 6933 %Viande et produits à base de viande

Source : Douanes – Avril 2018. Données CAF-FAB en milliers d’euros hors matériel militaire.

Principaux produits exportés au départ du Finistère

20162017Evolution

2017/2016

Viandes et produits à base de viande448 889418 629– 7 %
Matériels électriques268 139271 448+ 1 %
Produits laitiers et glaces217 493267 549+ 23 %
Préparations et conserves à base de poisson et de produits de la pêche196 143203 845+ 4 %
Produits de la chaudronnerie194 770202 481+ 4 %
Huiles, graisses végétales et animales, tourteaux167 177186 050+ 11 %
Produits alimentaires divers62 202161 269+ 159 %
Équipements pour automobiles148 712145 747– 2 %
Machines et équipements d’usage général150 015140 647– 6 %
Appareils de mesure, d’essai et de navigation ; articles d’horlogerie177 292120 847– 32 %

Source : Douanes – Douanes – Avril 2018. Données CAF-FAB en milliers d’euros hors matériel militaire.

2018, des inquiétudes …

Interrogés par la Banque de France, les chefs d’entreprises bretons, généralement plutôt optimistes, se sont montrés particulièrement prudents pour 2018[1]. Ils anticipent une poursuite de la croissance de l’activité mais de plus faible ampleur avec un chiffre d’affaires quasi stable (+ 0,4 %). Il en serait de même pour les recrutements (+ 0,2 %). Les investissements seraient en recul de près de 7 %.

L’actualité agroalimentaire du 1er semestre tend à confirmer un climat sous tension pour plusieurs industriels finistériens. Ainsi, après la mise en liquidation du volailler Doux, en mars 2018, plusieurs offres de reprise seront analysées par le Tribunal de Commerce de Rennes qui rendra sa décision à la mi-mai. Le site de Tilly Sabco de Guerlesquin, repris en 2016 par le groupe hollandais Wegdam Foodlink, a été placé en liquidation judiciaire mi-avril 2018 et n’a pas trouvé de repreneur. L’entreprise, qui employait plus de 60 salariés, a souffert de sa compétitivité face à la concurrence étrangère (Brésil, Pays de l’Est notamment).

… et des projets

L’activité agroalimentaire départementale reste également, et heureusement, animée par de nombreux projets de développement. Ainsi, l’implantation de Cocorette dans les locaux des anciens abattoirs Gad (Lampaul-Guimiliau) avec à la clé un investissement de 3 M€ pour installer un centre de conditionnement d’œufs issus d’élevages en plein air et une trentaine d’emplois projetés. Dans cette même filière, et afin de pérenniser son activité et poursuivre son développement, le couvoir Goasduff (Plabennec) passe sous pavillons belge et danois à travers les groupes Belgabroed et DanHatch.

Par ailleurs, la coopérative Triskalia (Landerneau) se rapproche de la coopérative d’Aucy (Vannes) avec comme projet une fusion à échéance de deux ans. L’objectif est de profiter de leurs complémentarités et compétences pour construire un groupe agroalimentaire plus solide, notamment dans l’innovation industrielle et agricole, ainsi qu’à l’export (25 % de leurs activités actuelles). L’ambition d’atteindre un chiffre d’affaires de 5 milliards d’€ à l’horizon 2025 se fera à travers le maintien et le développement des marques existantes (Paysan Breton, d’Aucy, Cocotine, Globus, Régilait, Mamie Nova, Ronsard, Prince de Bretagne), de l’investissement et de la création d’emplois.

Laïta, basé à Brest, poursuit ses investissements. Sur un marché du beurre en pleine évolution, le groupe va investir 24 millions d’€ à parts égales entre ses deux usines de production de beurre à Landerneau et Ancenis (44) avec pour objectif  d’améliorer la gestion des flux en fonction des productions, de moderniser les équipements de fabrication et d’accroitre les capacités de production de 10 %.

Enfin, la volonté d’implantation, par le groupe Sill, d’une tour de séchage destinée à produire 18 000 tonnes de lait infantile par an reste un projet industriel majeur qui devrait trouver place en nord-Finistère.

 

Progression de la valeur des exportations industrielles au départ du Finistère en 2017

+ 5 %

Nombre de salariés dans l’industrie départementale

41600