Pêche

Bacs de criée avec des poissons

(c) CCIMBO

Nouveau recul

Dans un contexte de repli des ventes en criées, les résultats finistériens suivent la tendance nationale avec des résultats en recul pour la deuxième année consécutive. Les prix restent soutenus. Des investissements sont programmés pour que les équipements finistériens conservent leur leadership.

En légère baisse

Les criées françaises ont vu passer 189 118 tonnes de poisson en 2018 (- 2,6 %). Le prix moyen en recul (- 1,5 %) a impacté leur résultat qui s’établit à 640 millions d’€ (- 4 %). Les apports se sont concentrés sur les espèces à faible coût, plus abondantes, alors que certaines espèces ont vu leur tonnage baisser sous les halles à marée : merlu, langoustine, lotte ou merlan. A l’inverse, les apports de lieu noir, bulot, thon germon et dorade royale ont augmenté. Au niveau du classement des criées1, selon la valeur, Le Guilvinec reprend la première place, devant Lorient et Boulogne. Les criées finistériennes représentent toujours plus d’un quart des apports de la pêche fraîche française (27 %).

1Classement Le Marin.

Activité des criées françaises en 2018

VOLUME (Tonnes)VALEUR (Milliers d’€)
PRIX MOYEN (€/kg)
2018Évolution 2018/2017
2018Évolution 2018/2017
2018Évolution 2018/2017
France189 118– 3 %640 000– 4 %3,39 €– 1,5 %

Source : Le Marin – Janvier 2019.

Maintien des prix

En Finistère, grâce aux bons résultats de certaines halles à marée, le recul est plus contenu : – 2 % en volume et – 1 % en valeur. Le prix se maintient (+ 1 %), preuve d’une bonne vitalité commerciale. Trois criées tirent leur épingle du jeu cette année : Brest, Saint-Guénolé-Penmarch, Audierne et Brest.

– 2 % : baisse du volume des apports dans les criées finistériennes.

Activité des criées du Finistère en 2018

VOLUME (Tonnes)VALEUR (Milliers d’€)PRIX MOYEN (€/kg)
2018Évolution 2017/2018
2018Évolution 2017/2018
2018Évolution 2017/2018
Finistère51 865– 2 %163 354– 1 %3,23 €1 %

Source : CCIMBO – Février 2019.

Source : CCIMBO – février 2019.

Moins de marins et de navires

Les nombres de marins (- 1,3 %) et de navires (- 6,1 %) sont en recul en 2018. Avec 197 navires et 871 marins, Le Guilvinec est le premier quartier maritime du Finistère. Parmi les 2 474 marins en activité, il y a 48 femmes navigantes. Les navires équipés pour la pêche avec des arts dormants (casiers, filets droits ou encore lignes avec hameçons) composent la majorité de la flottille (311 navires).

2015201620172018
Nombre de marins2 6452 4922 5062 474
Nombre de navires609568558524

Source : DDTM – Mars 2019.

Quai du Guilvinec avec des bateaux de pêche

(c) CCIMBO

Situation contrastée au nord du département

La criée de Roscoff enregistre un recul des volumes et des valeurs en raison d’arrêts techniques de longue durée de chalutiers en cours d’année. Toutefois, le prix s’est maintenu, en raison des bons résultats des fileyeurs et des côtiers. En tonnage, les principales espèces pêchées sont la lotte, suivie du merlan, de la raie et de l’églefin.
À Brest, les résultats sont plus encourageants avec une hausse des apports (+ 5,7 %) et du chiffre d’affaires (+ 11,2 %). Les apports sont principalement constitués de la lotte, de l’araignée et de la coquille Saint-Jacques.

Activité des criées de Brest et Roscoff

VOLUME (Tonnes)VALEUR (Milliers d’€)PRIX MOYEN (€/kg)
2018Évolution 2018/2017
2018Évolution 2018/2017
2018Évolution 2018/2017
Roscoff4 808– 13 %20 603– 8 %4,29 €+ 6 %
Brest1 920+ 6 %9 700+ 12 %5,05 €+ 6 %

Source : CCIMBO – Février 2019.

Vente au Guilvinec

(c) CCIMBO

Recul pour la deuxième année consécutive en Cornouaille

Au sud, les 6 criées cornouaillaises enregistrent un recul des volumes (- 4 %) et des valeurs (- 6 %), pour la deuxième année consécutive. En cause, le tonnage de langoustine qui a été quasiment divisé par deux (- 755 tonnes, – 40 %) et le départ de navires hauturiers. La pêche hauturière (- 10 %) et la pêche côtière sont en repli (- 7 %). A l’inverse, la pêche à la bolinche se porte bien avec une hausse des apports de 2,4 % (+ 286 t). La demande de poisson, de plus en plus forte, confirme le dynamisme des criées cornouaillaises. 228 acheteurs sont enregistrés, dont 13 nouveaux en 2018. 25 d’entre eux, particulièrement dynamiques, achètent 80 % des volumes sous criée. La cellule commerciale, mise en place l’année dernière, a vendu 1 600 tonnes de poisson (+ 60 %) pour répondre à la demande d’espèces non ciblées par les pêcheurs cornouaillais.

Activité des criées de Douarnenez, Audierne, Penmarc’h, Le Guilvinec, Loctudy et Concarneau

VOLUME (Tonnes)
VALEUR (Milliers d’€)
PRIX MOYEN (€/kg)
2018Évolution 2017/2018
2018Évolution 2017/2018
2018Évolution 2017/2018
Douarnenez5 159– 14 %5 427– 12 %1,05 €2 %
Audierne1 167+ 2 %7 460+ 7 %6,39 €5 %
Saint Guénolé – Penmarc’h12 003+ 29 %18 739+ 18 %1,56 €– 8 %
Le Guilvinec17 929– 6 %72 162– 6 %4,02 €+ 0,2 %
Loctudy2 877– 11 %11 805– 9 %4,10 €3 %
Concarneau6 002– 13 %19 458– 11 %3,24 €2 %
Cornouaille Port de pêche45 137– 4 %135 051– 6 %2,99 €
– 2 %

Source : CCIMBO – Février 2019.

Deux criées se distinguent cette année : la criée de Poulgoazec à Audierne et Saint-Guénolé-Penmarc’h.
À Audierne, 91 % du tonnage est acheté à distance, la qualité du poisson vendu (baudroie, raie douce, lieu jaune et bar de ligne) fait la réputation de la criée et permet un prix moyen de très bonne tenue (6,39 €/kg). Pour Saint-Guénolé, la pêche à la bolinche a été particulièrement dynamique lors du second semestre. Sardines et anchois ont constitué l’essentiel des apports, en hausse de 29 %.

Au Guilvinec, 1ère place de vente de Cornouaille, l’absence de langoustine s’est fait sentir. Le départ de 8 bateaux hauturiers a également eu un impact sur les résultats. La baudroie, l’églefin et la cardine blonde sont les 3 premières espèces pêchées. Concarneau a également été pénalisé par l’absence de langoustines, mais aussi par le départ du dernier navire hauturier de sa flottille. Enfin, Douarnenez et Loctudy ont tous deux vu leurs apports diminuer, en partie compensés par des cours en hausse.

Investissements

En Cornouaille, depuis le 1er janvier 2018, la compétence port de pêche du département a été transférée à un syndicat mixte pêche-plaisance présidé par Michaël Quernez, 1er vice-président du Conseil départemental du Finistère. Dans les 8 années à venir, 28 millions d’€ seront investis dans les criées cornouaillaises par la CCIMBO, gestionnaire des équipements, et le syndicat mixte, avec pour objectif de maintenir l’attractivité des halles à marées. A Brest, des investissements structurants sont prévus comme le prolongement du quai de débarquement et l’automatisation de la salle de tri.

Lieu jaune

(c) CCIMBO

La pêche en Finistère est représentée par

524

navires

2474

marins

Chiffre d'affaires des criées finistériennes.

163

millions d'€, en recul annuel de 1 %.

27 %

des apports de la pêche française proviennent du Finistère.