Ports de commerce

port commerce Brest

Trafics à la baisse

Dans un contexte national et mondial de reprise des trafics maritimes, l’activité du port de commerce de Brest est en net recul. Le terminal ferries de Roscoff-Bloscon enregistre un léger retrait pour le trafic passagers, plus marqué pour le fret ferries.

A l’exception de Cherbourg (+ 0,7 %), Lorient (+ 2,8 %) et surtout Nantes Saint-Nazaire (+ 17,2 %), tous les ports de commerce de la façade nord-ouest affichent à nouveau des résultats à la baisse : – 8,9 % à Brest, – 7,8 % au Légué (Saint-Brieuc), – 6 % à Roscoff, – 5,9 % à La Rochelle, – 0,8 % à Saint-Malo.

Chute du vrac agro à Brest

Malgré un nombre d’escales très proche de l’année précédente (636 navires), le port du Ponant enregistre un trafic global de 2,4 Mt, soit une perte de 235 400 t. Il conserve néanmoins sa position de 1er port de Bretagne. Ce recul est d’abord lié à une baisse des vracs solides pour l’alimentation du bétail (- 24,7 %), avec en particulier une chute des entrées de graines de soja (- 30 %).  Destinées à l’usine Cargill, reprise en 2017 par la société Bunge, ces importations ont été impactées par un arrêt technique de 4 semaines de l’usine de trituration. Le volume d’activité du terminal a également été touché par du traitement de graines de colza breton livrées davantage par camion. L’exportation d’huiles végétales produites par l’usine est également en baisse, tandis que les importations de Viprotal[1] et d’huile de palme progressent de 17 %.

Les importations d’hydrocarbures (746 797 t), 2e poste de trafic, affichent une baisse (- 8,8 %) directement liée à la moindre consommation de produits raffinés[2] dans le département. Les entrées de biocarburants EMHV[3] reculent également. A l’inverse, le trafic de gaz liquéfiés (36 404 t) progresse de 3 %.

Avec la nette amélioration du secteur du bâtiment et des travaux publics, le trafic de ciment repart à la hausse avec plus de 38 000 t supplémentaires. Par contre, le sable continue de se tasser (- 7,2 %). Les ferrailles à l’export poursuivent leur croissance (+ 34,7 %).

[1] Viprotal : vinasse de betterave, utilisée comme liant pour granulés d’alimentation du bétail.
[2] Gasoil, essence sans-plomb, fuel domestique.
[3] EMHV : les Esters Méthyliques d’Huiles Végétales sont destinés à être incorporés, notamment au gazole.

Progression des conteneurs

Les marchandises diverses (415 133 t) progressent de 7,5 %. Malgré une réduction des expéditions de viandes congelées (- 9 %) et de grumes de bois, le trafic conteneurs repart à la hausse (+ 7,4 %). 45 695 conteneurs ont ainsi transité par le port brestois, soit un peu moins de 400 000 t de marchandises.

 

 

Ce trafic se fait à 80 % à l’export. Il concerne d’abord les volailles et viandes congelées (à 45 %), poste historique qui avait permis d’engager la conteneurisation du port à la fin des années 1990. Vient ensuite le lait en poudre (10 %), boosté par la production de l’usine du groupe chinois Synutra[4] à Carhaix. Les 45 % restant se répartissent entre le bois, des machines (générateurs), d’autres viandes transformées et congelées (bœuf, porc,…), des produits secs d’alimentation. Les importations représentent 20 % du trafic conteneurs. Elles concernent pour l’essentiel des composants pour l’agroalimentaire et des biens d’équipement.

Enfin, si le nombre d’escales paquebots croisière est resté stable (14), le nombre de croisiéristes accueillis à Brest a presque doublé (11 855 passagers, contre 6 862 en 2016), auxquels s’ajoutent les membres d’équipage (5 921, + 63 %). La clientèle américaine reste prépondérante (62 %), suivie par les passagers allemands (30 %), puis anglais (8 %). Le panier moyen d’un croisiériste à terre étant estimé à 90 €, les retombées sont évaluées à un peu plus de 1 M€ pour le territoire, excursions comprises (1/3 des passagers).

[4] Le groupe Synutra se revendique comme le 3e acteur du marché des aliments nutritionnels maternels et infantiles en Chine. L’usine est dimensionnée pour fabriquer 100 000 tonnes de poudres de lait.

Evolution du trafic du port de commerce de Brest

201520162017Evolution 17/16
Total matières premières agroalimentaires (t)919  1811 037 798780 903–  24,7 %
  dont graines de soja (t)619 120768 866538 833–  29,9 %
  dont tourteaux de soja (t)2 5502 0240– 100 %
  dont graines de colza (t)000
  dont huiles soja et colza (t)76 26991 52774 306–  18,8 %
Total vracs solides non agroalimentaires (t)399 248392  449457 141+ 16,50 %
  dont sable (t)236 916226 391210 101–  7,2 %
  dont ciment (t)32 91531 92570 058+ 119,40 %
  dont ferrailles (t)116  388123 759166 733+ 34,70 %
Total marchandises diverses (t)444 804386 067415 133+ 7,50 %
  dont volailles et viandes congelées (t)193 084157 888144 263– 8,60 %
  dont poudre de lait (t)7 80116 15235 583+ 120,30 %
  dont grumes (t)40 18536 34313 259– 63,50 %
Total vrac liquide – Energie (t)749 576819 234746  797–  8,8 %
TOTAL GENERAL (t)2 512 8092 635 4032 399 974–  8,9 %
Nombre de conteneurs (en EVP1)48 28042 54745 695+ 7,40 %
Nombre de passagers paquebots croisière9 8786 86211 855+ 72,80 %

Source : CCIMBO – Données au 31 décembre 2017.

1EVP : équivalent vingt pieds, unité de mesure des conteneurs

Roscoff : léger retrait

Pour la deuxième année consécutive, le terminal ferries du Bloscon est en très léger repli sur le trafic passagers : – 0,6 %, soit 3 000 passagers en moins. Il ressort que le Brexit et la dévaluation de la livre n’ont somme toute que peu impacté le trafic passagers de Roscoff en 2017. Les échanges avec Plymouth fléchissent (363 773 passagers, – 1,3 %), tandis que les trafics plus modestes avec l’Irlande (152 212, + 1,1 %) et Bilbao (1 163, + 0,4 %) progressent légèrement.

Le trafic marchandises ferries enregistre une baisse de 5,6 %, notamment liée aux conséquences du Brexit, mais aussi à une saisonnalité des rotations plus marquée (coupure hivernale plus longue). Le nombre de camions diminue sensiblement (- 11 %), principalement sur la Grande-Bretagne (- 14 %).

Le trafic conventionnel (amendements marins, céréales, charbon, crabes, …) enregistre une hausse globale de 10,5 %. Si les entrées d’amendements marins accusent une baisse de 4,9 %, le poste des céréales et nourritures pour animaux affiche une hausse significative de 55,3 %, en grande partie liée à la réouverture de l’usine d’approvisionnement en drêche[5] de maïs. Le tonnage de crabes en forte baisse est dû, pour l’essentiel, à une moindre régularité des débarquements.

[5] Drêche : résidu solide de l’orge qui a servi à faire de la bière et qu’on peut utiliser, frais ou déshydraté, comme aliment pour le bétail.

Evolution du trafic du port de Roscoff – Bloscon

201520162017Evolution 17/16
Nombre de passagers528 221520   341517 148–  0,6 %
  dont Plymouth372 518368 594363 773–  1,3 %
  dont Irlande (Cork et Rosslare)154 752150 589152  212+ 1,1 %
Tonnage fret (t)487 183473 115457 751–  3,2 %
  dont ferries (t)412 854405 063382 535–  5,6 %
  dont cargos (t)74 32968 05275    216+ 10,5 %
    – dont amendements marins (t)45 44845 58543 332–  4,9 %
   – dont céréales et alimentation animale (t)26 11418 89029 330+ 55,3 %

Source : CCIMBO – Données au 31 décembre 2017.

2.4 Mt
à Brest

1er port de commerce breton Une baisse de trafic de 8,9 %*

3783 passagers

le 11 mai 2017 avec la venue du Norwegian Getaway (U.S.)

Source : CCIMBO – 2018.

Roscoff-Bloscon

517148 passagers

Source : CCIMBO – 2018.

457751 Tonnes de marchandises

Source : CCIMBO – 2018.